Palestine

Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, mercredi 31 janvier 2018.
Mon intervention sur une thématique importante: la Palestine.

Projet de décret portant assentiment à l’Accord de coopération entre, d’une part, la Communauté française de Belgique et la Région wallonne et, d’autre part, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) agissant pour le compte de l’Autorité palestinienne, fait à Bruxelles, le 29 janvier 2001

Nous nous réjouissons de voter l’assentiment à l’accord de coopération entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’Autorité palestinienne, qui permettra de tisser davantage de liens entre nos opérateurs et ceux qui sont actifs sur le territoire palestinien. Cela permettra de soutenir la population palestinienne, qui en a grandement besoin, et de formaliser et renforcer une situation de coopération, qui, en réalité, existe déjà sur le terrain depuis bien longtemps. Et nous n’avons pas attendu pour collaborer, puisque l’accord avance dans ce Parlement. Et j’espère qu’il en sera de même demain au Parlement wallon. Ce texte aboutit aujourd’hui au Parlement dans un contexte politique particulier, à la fois au niveau international, mais aussi au niveau national, ou, en tout cas, francophone.

Au niveau international, le dialogue entre Israël et la Palestine est au point mort depuis quelque temps. Et, dans l’attente d’une hypothétique reprise du processus de paix, la colonisation massive se poursuit en Cisjordanie. Gaza souffre tant du blocus israélo-égyptien que de sa mise sous la coupe du Hamas. Et régulièrement, des poussées de violence viennent occuper la une de nos médias et disparaissent aussitôt.
C’est dans ce contexte que le président américain a manifestement jugé pertinent de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem, décision ô combien symbolique, mais violant, au passage, un très large consensus au sein de la Communauté internationale et mettant en péril un processus de paix déjà bien gelé.
Ce petit rappel du contexte permet d’affirmer que le décret qui nous est soumis aujourd’hui, certes, n’a pas une portée incroyable au niveau des enjeux de paix – restons modestes. Mais il représente toutefois un acte symbolique de soutien à la population palestinienne, et ce, conformément à deux engagements que nous assumons et que je souhaiterais rappeler brièvement.

Le premier engagement est celui de notre Parlement, qui, à travers sa résolution adoptée le 14 janvier 2015, avait appelé et soutenu la reconnaissance par la Belgique d’un État de Palestine. C’est un acte diplomatique qui relève, il est vrai, de l’État fédéral, mais qui est important et dont nous sommes convaincus qu’il peut servir à bouger les lignes, en mettant sur un pied d’égalité les deux parties qui doivent coopérer.

Le second engagement, que le vote de ce décret permettra d’assumer, est inscrit noir sur blanc dans l’accord de majorité et dans la note de politique internationale du gouvernement. Il vise à faire de la Palestine l’un des neuf partenaires privilégiés de notre coopération en tant que fédération. Et des neuf partenaires, la Palestine est le seul qui, aujourd’hui, ne dispose pas d’accord de coopération avec notre Fédération.
Cela a été rappelé en réunion de commission. Au passage, Madame Bertieaux, nous avons d’ailleurs appris que les contacts avec la Région wallonne et la relance de ce dossier vieux de dix-sept ans précèdent l’annonce, par Donald Trump, du déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv. Cela démontre bien que le gouvernement n’a nullement l’ambition de se servir d’un contexte international particulier pour agir de telle ou telle manière. Il y avait une réelle volonté de relancer l’accord en raison de l’engagement du parlement et du gouvernement. Ce sont les événements qui ont donné une tournure particulière à l’évolution du dossier.

Un mot à présent sur la situation interne. Pour rappel, même si nous votons aujourd’hui l’assentiment, il ne fera pas réellement entrer en vigueur l’accord de coopération, car celui-ci est tripartite. Il faut donc aussi que la Région wallonne et le parlement wallon donnent leur assentiment afin qu’il puisse légitimement produire ses effets. Nous attendons donc les résultats du vote du parlement wallon. À ce stade, ce projet de décret n’a même pas encore été soumis en première lecture au gouvernement.
Par ailleurs, j’ai lu la réaction du ministre-président wallon au lendemain du vote de notre texte en réunion de commission. Je pense qu’il convient de ne pas prendre en otage cet enjeu hautement sensible, de ne pas l’instrumentaliser pour en faire un enjeu de différenciation – même symbolique – et ce, pour des raisons de divergences politiques ou de calculs des uns et des autres. Tant au niveau du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles que de celui de la Région wallonne, nos ministres avaient déjà demandé «que des contacts soient pris avec le gouvernement wallon au sujet de la stratégie par rapport à Israël d’une part, et la Palestine d’autre part.» Mon collègue Maxime Prévot a eu l’occasion de le rappeler en réunion de commission.
Il ne faudrait pas que l’effet miroir fige la situation parce que les acteurs concernés ne trouvent pas le moyen d’avancer. Ma collègue Véronique Waroux rappelait il y a deux jours, en réunion de commission, que les messages, les niveaux de coopération et surtout les besoins de coopération ne sont pas les mêmes.

Pour le cdH, il faut agir pragmatiquement. J’en profite d’ailleurs pour répondre à Mme Bertieaux qui dit que le texte est vieux de dix-sept ans, qu’il conviendrait donc de l’adapter à l’évolution des besoins, etc. Le texte a été rédigé de manière suffisamment large pour permettre aux projets d’évoluer à mesure qu’évoluent les besoins. J’irai plus loin encore: plus vite ce dernier entrera en vigueur, plus vite les comités mixtes pourront se réunir et plus vite ceux-ci jugeront de la manière de faire évoluer les projets afin qu’ils s’adaptent aux besoins de la population. Il nous faut donc, au contraire, agir le plus vite possible.

J’ai rappelé les raisons qui nous poussent à voter ce texte aujourd’hui: la volonté de renforcer la coopération, le soutien symbolique, le respect des engagements de la résolution de 2015, la cohérence avec l’accord de majorité et le soutien au neuvième partenaire prioritaire pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il convient d’avancer et je vous invite, Monsieur le Ministre-Président, à poursuivre les discussions avec votre homologue wallon en espérant qu’elles aboutissent rapidement.

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