Réformer l’école pour répondre aux besoins du 21e siècle

Eveiller la curiosité, renforcer les connaissances, développer les talents,… L’école, les enseignants et l’ensemble des acteurs éducatifs jouent un rôle déterminant dans l’évolution de l’enfant. Si les études comparatives démontrent que l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles est bien financé, des améliorations – notamment sur la répartition des moyens – peuvent être apportées. Les politiques et acteurs éducatifs réfléchissent ainsi depuis plus de 2 ans à une réforme d’envergure : le Pacte d’excellence. Maternelles renforcées, tronc commun de 3 à 15 ans, remédiation  et dépassement pour élever le niveau des élèves, nouvelle filière du qualifiant comme tremplin pour l’emploi, rythmes scolaires modifiés,…  De nombreuses pistes ont été dégagées et font l’objet d’un projet d’accord entre les acteurs de l’enseignement.

Un renforcement massif pour un enseignement maternel de qualité

C’est avant 6 ans que les investissements en éducation sont les plus  bénéfiques. 50 millions sont ainsi dégagés pour investir dans le maternel, soit 1100 enseignants et puéricultrices en plus pour un meilleur encadrement. La qualité de l’enseignement maternel passe aussi par l’adoption d’un référentiel (programme) qui fixe de réels objectifs d’apprentissage, et par des incitants pour que tous les élèves fréquentent la troisième maternelle de manière régulière. Un élément essentiel pour les enfants qui parlent peu – ou pas – le français et qui ensuite échouent par méconnaissance de la langue. 

Un tronc commun de 3 à 15 ans

Si l’on s’inspire de la réussite de nombreux pays étrangers, allonger le tronc commun d’un an améliorera le niveau de tous. Les grands domaines d’apprentissage: français ; langues modernes/anciennes ; math/sciences ; technique ; numérique ; arts ; activité sportives ; créativité et esprit d’entreprendre ; et apprendre à apprendre.Le tronc commun sera déployé progressivement en commençant par les maternelles et les deux premières années du primaire, avec une épreuve externe certificative à la fin du tronc commun et un travail permanent sur l’orientation des élèves pour que le choix vers les filières de transition et qualifiante soit un choix positif.

Les savoirs et compétences : recentrer les cours sur du contenu

Les savoirs seront revalorisés dans les référentiels de compétences, y compris pour certifier les évaluations finales des élèves. Les savoirs et compétences numériques seront intégrés dans tout le parcours scolaire.

Remédiation et dépassement pour élever le niveau des élèves et réduire le redoublement

Le taux de redoublement en Fédération Wallonie-Bruxelles est le plus élevé de tous les pays de l’OCDE : près de deux fois plus élevé qu’en Flandre et de nombreux pays performent avec un taux de redoublement très bas. Sans interdirele redoublement, il faut néanmoins réduire drastiquement le taux de redoublement en Fédération Wallonie-Bruxelles. L’évaluation formative, la pédagogie de la différenciation, la  remédiation sont essentiels.

Des budgets importants sont prévus :

·         40 millions pour permettre des stratégies (remédiation et dépassement, y compris pendant les congés) ;

·         50 millions en maternel pour intervenir précocement sur les difficultés d’apprentissage ;

·         8 millions pour aider à l’apprentissage de la langue française pour les élèves primo-arrivants (qui redoublent massivement) ;

·         2 millions investis dans des méthodes pédagogiques innovantes et des outils pédagogiques.

Une nouvelle filière du qualifiant comme tremplin pour l’emploi

Il ne s’agit pas d’une fusion du technique et du professionnel, mais d’une nouvelle filière orientée sur les métiers, avec un renforcement des liens avec le monde de l’entreprise (stages, immersion, alternance, collaboration et synergie avec les Régions). Objectif: que toutes les formations mènent à un métier et une répartition de l’offre sur tout le territoire (fin des concurrences stériles entre écoles et réseaux) !

Moins d’administratif et plus de pédagogie

·         19 millions pour engager des assistants administratifs dans l’enseignement fondamental et secondaire spécialisé ;

·         30 millions consacrés spécifiquement à la coordination pédagogique ;

·         L’ensemble des processus et formulaires administratifs sera revu afin de le simplifier ;

·         «Mutualiser» les tâches administratives en créant des «centres de gestion» ou en favorisant des rapprochements entre écoles.

Un nouveau pilotage pour aider les directeurs et enseignants

L’autonomie des équipes éducatives sera renforcée (il n’y aura par exemple plus de contrôle systématique du niveau des études par l’inspection). Les équipes seront évaluées sur base d’objectifs. Si elles ne les atteignent pas, un accompagnement spécifique sera prévu. Le dispositif n’est pas technocratique : le « plan de pilotage » émane de l’établissementqui l’élabore avec les équipes pédagogiques. Le rôle de l’inspection évoluera vers une mission d’audit et de diagnostic des écoles où des difficultés se posent.

Le Pacte est ambitieux

Il est prévu d’étaler les mesures et soutenir les acteurs de terrain.

Les mesures du Pacte représentent un investissement d’environ 300 millions d’euros par an.

Le rythme prendra en compte l’impact des mesures sur l’emploi et la capacité des acteurs à adapter leurs pratiques et leur organisation. Une cellule « opérateur de changement » sera chargée d’accompagner le changement dans les écoles. Les premières mesures entreront déjà en vigueur dans les 3 prochaines années. Les élèves actuels ressentiront déjà les effets positifs du Pacte.

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