Le Parlement bruxellois demande au fédéral de plancher sur des alternatives crédibles à la voiture de société

Vous habitez Bruxelles. Vous travaillez à Bruxelles. Vous vous déplacez à vélo, à pied, ou en transport en commun. Et pourtant, le seul « Avantage Toute Nature » (ATN) fiscalement intéressant que peut vous proposer votre employeur reste la voiture de société, voiture de société dont vous n’aurez sans doute pas nécessairement besoin.

 

C’est parce que cette situation est profondément absurde, que les députés bruxellois ont adopté ce lundi, en Commission des Finances, une proposition de résolution – initiée par Benoît Cerexhe (cdH) et co-signée par l’ensemble des partis de la majorité (PS, Défi, Open VLD, SPa et CD&V) – visant à développer des alternatives crédibles à la voiture de société, parmi lesquelles une intervention dans le loyer ou un remboursement des mensualités de crédit hypothécaire, et ce dans des conditions fiscalement au moins aussi intéressantes que l’octroi d’un véhicule de société.

 

La Belgique est le pays occidental qui subsidie le plus les voitures de société accordées en guise de rémunération extra-salariale. Fin 2015, on comptait ainsi 625.000 véhicules de société en Belgique. De nombreux salariés acceptent de leur employeur de recevoir une voiture de société, toujours avantageuse fiscalement, sans pourtant en avoir le besoin réel. Développer des alternatives fiscalement et financièrement aussi attractives que la voiture de société permettrait de diminuer la pression automobile, d’améliorer la qualité de l’air et de mieux répondre aux besoins des salariés bruxellois.

 

Cette proposition de résolution présente de nombreux avantages :

 

  • Elle permet de décongestionner la ville et contribue à une meilleure qualité de l’air ;
  • En perdant moins de temps dans le trafic aux heures de pointe, les salariés disposeraient de plus de temps libre et pourraient mieux concilier vie professionnelle-vie privée ;
  • Les entreprises verraient leur personnel dégagé du stress causé par les bouchons matinaux, car habitant à proximité du lieu de travail ;
  • Cette mesure permet de fixer à Bruxelles les ménages qui y travaillent, permettant de lutter ainsi contre l’exode des ménages bruxellois vers la périphérie ;
  • La qualité de vie des Bruxellois dans leur ensemble, débarrassés des pollutions importées et de la congestion du trafic, en sera améliorée.

 

Par ce texte, les députés bruxellois demandent enfin que cette proposition soit abordée lors d’un prochain Comité de concertation réunissant le Gouvernement fédéral et les entités fédérées, car les mesures proposées - et qui rentreront en vigueur l’année prochaine- par le gouvernement fédéral en la matière sont beaucoup trop frileuses et ne rencontrent les objectifs de mobilité souhaités par la Région de Bruxelles-Capitale.

 

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