Durcissement des conditions de prêts hypothécaires par le gouvernement fédéral ? Le cdH bruxellois dénonce une mesure anti-jeunes!

Durcissement des conditions de prêts hypothécaires par le gouvernement fédéral, à nouveau sur la table ? Le cdH bruxellois dénonce une mesure anti-jeunes, qui accroîtra la dualisation de la ville et obligera les classes moyenne à l’exode urbain

Benoît CEREXHE, chef de groupe cdH au Parlement bruxellois, a pris connaissance par voie de presse des intentions, réitérées, du gouvernement fédéral de durcir les conditions d’octroi de crédit hypothécaire par les institutions bancaires.

En avril de cette année déjà, des velléités d’imposer des conditions strictes à tout emprunt supérieur à 80 % de la valeur d’achat du bien s’étaient lourdement manifestées via le Ministre des Finances du Gouvernement Michel, ce qui aurait obligé les candidats propriétaires à allonger via fonds propres les 20% restants ainsi que les frais corrélés, comme les frais de notaire, les droits d’enregistrement et les éventuels frais liés à la rénovation du bien acheté (soit entre 25 et 30 % de la valeur du bien acheté). Voilà donc, la mesure à nouveau à l’ordre du jour du Gouvernement fédéral, semble-t-il, et à peine édulcorée par rapport à la proposition initiale.

Pour Benoît CEREXHE, cette mesure, si elle venait à être adoptée par le gouvernement fédéral, constituera inévitablement « un coup dur pour tout jeune qui à Bruxelles cherche à devenir propriétaire sans disposer d’un trésor de guerre improbable ou de l’aide très généreuse de parents fortunés ».

Pour le chef de groupe cdH, « ceci nuira gravement aux politiques qui visent à maintenir, mieux faire revenir, les classes moyennes en Région bruxelloise ».Parce que dans la pratique, ancienne ou nouvelle mouture, la mesure reviendra à limiter les capacités d’emprunt au-delà des 80% de la valeur du bien acheté et forcera les candidats-propriétaires à déposer cash une somme dont très peu de jeunes ménages – « et c’est un euphémisme », ajoute Benoît CEREXHE- sont capables de disposer.

Pour mémoire, les appartements à Bruxelles se sont négociés en 2016 à un prix moyen de 233.945 euros ; les maisons individuelles, elles, se sont vendues l’année dernière au prix moyen de 443.998 euros. « La mesure fédérale reviendrait donc à Bruxelles à ne permettre l’achat d’un bien que par les ménages qui disposent d’environ 65.000 euros en fonds propres lorsqu’ils achètent un appartement, de 135.000 euros lorsqu’ils souhaitent acheter une maison », rappelle le chef de groupe cdH au Parlement bruxellois. « Comment voulez-vous que les familles de la classe moyenne –et pas seulement celles qui débutent dans la vie – puissent encore accéder à la propriété en Région bruxelloise ? », s’indigne Benoît CEREXHE.

« Ce n’est déjà pas facile aujourd’hui, vu le prix de l’immobilier à Bruxelles ; or si l’on réduit demain l’accès au crédit hypothécaire, seuls, demain, les personnes fortunées ou les enfants de familles aisées pourraient encore acheter un bien à Bruxelles: cette initiative va à l’encontre de la politique menée par le Gouvernement bruxellois qui a cherché, en réduisant les droits d’enregistrement, à limiter les fonds propres dont doivent disposer les candidats acheteurs à la conclusion de la vente », fait encore remarquer le chef de groupe cdH. « Or l’accès à la propriété reste la meilleure protection qui soit contre la hausse des loyers, les risques de paupérisation des ménages et des familles et les aléas de la vie », rappelle Benoît CEREXHE.

A Bruxelles, la mesure aura deux effets principaux : une dualisation accrue de la ville et l’encouragement à l’exode urbain des jeunes et des familles.

 

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