Acheter son logement: un rêve inaccessible ? Enquête exclusive!

L’accès à la propriété à Bruxelles devient de plus en plus compliqué pour toute jeune famille qui souhaite vivre en Région bruxelloise. L’importance de la croissance des prix et le différentiel de plus en plus marqué entre la Région bruxelloise et sa périphérie ont de quoi interpeller. Sur les dix dernières années, la flambée des prix est spectaculaire, et trois fois plus importante que celle enregistrée sur la période 1992-2002 : le prix moyen d’un bien immobilier a, en dix ans, quasi triplé pour une maison d’habitation et plus que doublé pour un appartement.

Aujourd’hui, 3 achats sur 4 portent sur des appartements. Le rêve traditionnel de la maison bruxelloise 2 façades avec jardin est devenu une utopie pour nombre de jeunes Bruxellois. En 20 ans, le différentiel de coût entre une maison et un appartement s’est accru. « En 1992, un appartement et une maison se négociaient dans des mêmes fourchettes de prix. Aujourd’hui, il faut débourser en moyenne 63 % de plus pour devenir propriétaire d’une maison dont le prix moyen s’élève à quelque 354.000€ ; celui d’un appartement tourne lui autour de 217.615 € », explique Benoît Cerexhe, Chef du Groupe cdH au Parlement bruxellois.

Evidemment, les prix diffèrent en fonction des communes (voir infographie). Sur ces dix dernières années, c’est à Ixelles, commune la plus chère de la Région, que les aiguilles immobilières se sont le plus affolées : les  maisons s’y négocient aujourd’hui quatre fois plus cher qu’en 2002 pour une valeur moyenne de 528.000 €. Suivent les communes du sud de Bruxelles et Etterbeek. A l’opposé, c’est à Anderlecht que les biens se négocient aux prix les plus bas, 228.000 € en moyenne. Pour un appartement, comptez plus de 304.000 € à Woluwe-Saint-Pierre, et « seulement » 145.000 € à Anderlecht.

Phénomène inquiétant : le fossé se creuse entre les communes du sud de Bruxelles et celles situées au nord du Canal. « Là où le différentiel était de 60 % en 1992 entre la commune la plus chère –Woluwe-Saint-Lambert – et celle la meilleur marché –Molenbeek –, il se situe désormais à 120 %, faisant courir des risques de dualisation accrue de la ville », souligne Benoît Cerexhe.

Cette flambée des prix est d’autant plus préoccupante que le différentiel avec la périphérie s’est significativement accru. Ainsi, entre Forest et Drogenbos, la différence de prix pour une maison s’élève désormais en moyenne à 77.000 € ; entre Uccle et Rhode-Saint-Genèse, le différentiel est passé de 10 à 52 % en dix ans. Entre Woluwe-Saint-Pierre et Wezembeek-Oppem, ce différentiel est passé de 15 à 35,5 %. Cette différence se marque bien plus encore si l’on s’éloigne un peu plus de Bruxelles : ainsi, une maison à Tubize (à 15 minutes en train de  Bruxelles) se négocie en moyenne à 200.000 euros.

Davantage de maisons disponibles, à des prix de plus en plus avantageux par rapport à un achat dans Bruxelles, avec généralement un jardin digne de ce nom, à quelques encablures de Bruxelles : la force d’attraction de la périphérie sur les familles moyennes constitue une concurrence évidente pour Bruxelles et constitue désormais une menace croissante  pour la Région et son financement.

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