A « La Plaine », la coupe est pleine...

« C´était un petit jardin, qui sentait bon le Métropolitain... », chantait Dutronc en 1972. Même rengaine 40 ans plus tard, avec les projets immobiliers qui, à Ixelles, envisagent de lotir une bonne partie de l’ancienne « Plaine des Manoeuvres », laquelle abrite déjà dans un cadre très verdoyant des infrastructures de l’ULB et de la VUB.

Le projet « Universalis Park » créera sur ce site 65.000 m² de bureaux et 636 appartements de standing : « Projet inapproprié », estime Julie de GROOTE. Les riverains et les défenseurs de la nature se mobilisent, eux aussi, pour rejeter ce projet qu’ils considèrent comme destructeur d’environnement. A Watermael-Boitsfort, même combat d’associations contre le projet d’aménagement d’un terrain de rugby supplémentaire aux portes de la Forêt de Soignes.

Ces deux dossiers illustrent le très difficile débat de la densification de Bruxelles et des formes que cette densification doit prendre. On le sait, Bruxelles comptera au minimum 160.000 habitants supplémentaires d’ici 2023. Ce boom démographique a des conséquences nombreuses, notamment en termes de logements à créer et d’infrastructures à construire (écoles, crèches, terrains de sports,...) alors même que les frontières de Bruxelles ne sont pas extensibles et que les espaces disponibles s’amenuisent.

Pour Julie de GROOTE, Ixelloise et membre de la Commission de l’Aménagement du territoire au Parlement bruxellois, le dossier de “la Plaine” est devenu « emblématique des enjeux urbanistiques de notre ville pour les vingt prochaines années ; c’est le parfait laboratoire de ce que devra être  demain la future politique d’aménagement de nos territoires urbains ».

La Commission de Concertation a remis, pour le projet de la Plaine, un avis favorable sous conditions. La commune d’Ixelles est désormais amenée à trancher. La Région aura ensuite à se prononcer sur d’éventuels recours.

 

Dans le vif ! Interview de Julie de Groote

Julie de Groote, La Plaine est-elle si symbolique ?

JdG : II est essentiel de définir le type de développement urbain que nous voulons pour notre Région. Les principes directeurs de la densification doivent être définis urgemment afin de garantir les équilibres fonctionnels. Le politique ne peut plus se contenter de décisions plic-ploc.

Vous regrettez un manque de vision ?

JdG : Comment ne pas regretter que des projets se développent de façon disparate dans la Région, alors qu’un projet développé à un endroit aura des répercussions sur la demande, les besoins et les projets à développer dans d’autres zones? Pour en revenir à la Plaine, la situation est d’autant plus interpellante qu’en face, la friche Delta devrait accueillir d’autres grands projets capables de répondre aux nouveaux besoins urbains.

Densification et environnement : incompatible ?

JdG : Il y a plusieurs façons de densifier une ville : en créant de nouveaux quartiers sur les friches; en rénovant les immeubles abandonnés; en rajoutant des étages aux bâtiments existants; en divisant peut-être les grandes maisons bruxelloises en appartements... Tout cela est tout de même mieux que de sacrifier des espaces verts.

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